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	<title>Centre Mn&#233;mo</title>
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		<title>Henri Landry, violoneux des Cantons de l'Est</title>
		<link>https://mnemo.qc.ca/bulletin-mnemo/article/henri-landry-violoneux-des-cantons</link>
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		<dc:date>2010-01-21T16:56:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>DESAUNAY Patrick</dc:creator>



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&lt;p&gt;La famille Landry, partie de la Ventrouze (Orne) au XVIIe si&#232;cle, apr&#232;s un d&#233;tour par l'&#238;le d'Orl&#233;ans et Qu&#233;bec, s'installe &#224; Pontbriand &#224; quelques kilom&#232;tres de Thetford. C'est l&#224; que nait Henri Landry en 1923. Son histoire, qui commence avec la transmission orale jusqu'&#224; l'invention du CD, en fait un exemple vivant de l'itin&#233;raire des violoneux de sa g&#233;n&#233;ration. Passant du travail de la terre au m&#233;tier de charpentier &#224; la mine, puis conducteur de camion transportant le minerai, son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://mnemo.qc.ca/local/cache-vignettes/L216xH209/LandryCD-d609b.jpg?1733702412' width='216' height='209' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La famille Landry, partie de la Ventrouze (Orne) au XVIIe si&#232;cle, apr&#232;s un d&#233;tour par l'&#238;le d'Orl&#233;ans et Qu&#233;bec, s'installe &#224; Pontbriand &#224; quelques kilom&#232;tres de Thetford. C'est l&#224; que nait Henri Landry en 1923. Son histoire, qui commence avec la transmission orale jusqu'&#224; l'invention du CD, en fait un exemple vivant de l'itin&#233;raire des violoneux de sa g&#233;n&#233;ration. Passant du travail de la terre au m&#233;tier de charpentier &#224; la mine, puis conducteur de camion transportant le minerai, son activit&#233; musicale, s'il lui a consacr&#233;e une grande partie de son temps, s'est toujours d&#233;roul&#233;e en marge de son activit&#233; professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son fr&#232;re Joseph, de dix ans son a&#238;n&#233;, a appris le violon de son oncle maternel. Le dimanche apr&#232;s midi, les voisins Napol&#233;on et Ludg&#233; Bolduc apportent le leur et tous trois jouent pendant des heures autour de la table de la cuisine. Le jeune Henri n'en perd pas une note. Il commence lui-m&#234;me &#224; pratiquer, seul, empruntant en cachette le violon de son fr&#232;re parti au travail. Henri raconte l'&#233;tonnement de sa famille quand il ose pour la premi&#232;re fois avouer sa &#171; faute &#187;, preuve musicale &#224; l'appui : il a neuf ans quand il leur fait danser son premier set carr&#233;, qu'il appelle &#171; quadrille &#187; comme beaucoup de gens de sa r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bois, au bout du rang (chemin) o&#249; loge la famille, vit un qu&#234;teux, un clochard qui se nourrit de l'aum&#244;ne de ses voisins. La bande d'enfants de l'&#233;poque, dont Henri fait partie, n'est pas toujours tendre avec Thomas Pomerleau, souvent victime de leur malice. Mais certains soirs, une &#233;trange musique s'&#233;chappe de la vieille cabane en bois, attirant le garnement au bout du chemin o&#249; il reste cach&#233; &#224; &#233;couter le qu&#234;teux, oubliant l'heure du souper. Thomas Pomerleau est alors &#226;g&#233; de 76 ans et c'est lui que l'on vient chercher pour animer les soir&#233;es de danse, noces et anniversaires de la r&#233;gion. Pour la veill&#233;e du jour de l'an, qui a lieu chez les Landry cette ann&#233;e l&#224;, Joseph ram&#232;ne le Gaucher, qui a de la difficult&#233; &#224; marcher, en le chargeant sur son tra&#238;neau &#224; bras : Henri peut alors appr&#233;cier toute l'habilit&#233; de Pomerleau, et la vigueur de son accord de pieds ! De ce jour, c'est &#224; m&#233;moriser les morceaux jou&#233;s par le qu&#234;teux qu'Henri va utiliser sa malice, toujours pr&#233;sente dans ses yeux comme si, attrapant son violon, il allait nous jouer un bon tour. Il nous dit, &#224; propos de ce r&#233;pertoire : &#171; Il jouait tr&#232;s peu de morceaux. Il les tenait d'on ne sait o&#249;, il n'avait ni radio ni rien. Les morceaux que j'ai appris de lui, il n'y avait personne qui connaissait &#231;a. Il s'&#233;tait comme forg&#233; des morceaux &#187;. Henri se souvient qu'&#224; l'&#233;poque ces airs servaient encore &#224; accompagner les sets carr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mort du vieux Pomerleau (1940), les fr&#232;res Bolduc ne sortent plus gu&#232;re pour jouer en dehors de chez eux et Joseph a quitt&#233; la r&#233;gion. C'est maintenant au jeune violoneux que l'on s'adresse pour faire danser dans les grandes occasions. Quelques ann&#233;es plus tard, une nouvelle &#233;picerie s'ouvre au village. On dit que le propri&#233;taire vient de Thetford, o&#249; il a abandonn&#233; son m&#233;tier de soudeur dans la mine. On dit surtout qu'il joue du violon. Henri descend au village et y rencontre Fortunat Vachon, qui, de 14 ans son a&#238;n&#233;, poss&#232;de d&#233;j&#224; une longue exp&#233;rience de musicien. Tr&#232;s vite il va devenir le principal initiateur d'Henri. Le r&#233;pertoire de Vachon, ce sont les airs qu'il va jouer pour les Anglais ou Irlandais (anglophones) plus loin vers la fronti&#232;re am&#233;ricaine. Les danseurs y aiment un tempo rapide, des m&#233;lodies proches de celles d'Irlande ou des U.S.A., dont de nombreux reels sont d'ailleurs jou&#233;s r&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aime aussi l&#224;-bas ponctuer la danse d'extraordinaires pas de gigue que toute l'assembl&#233;e d&#233;marre entre deux figures, avec un ensemble parfait, tous les pieds tapant &#224; l'unisson quelques secondes pour s'arr&#234;ter soudainement avec la m&#234;me coh&#233;sion. Henri y suit Fortunat dans ses d&#233;placements, d&#233;couvrant, en m&#234;me temps que de nouveaux airs, un public qui lui demeurera toujours fid&#232;le. La station locale de radio, CKLD, sollicite les deux violoneux pour jouer r&#233;guli&#232;rement dans leurs &#233;missions musicales. Henri Landry ? Fortunat Vachon ? les discussions vont bon train autour des postes pour savoir qui joue, tant Henri s'est impr&#233;gn&#233; du style de son a&#238;n&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1947, un paysan d'Inverness utilise son poulailler, pr&#233;alablement vid&#233; de ses occupants, comme salle de bal pour son mariage. L'id&#233;e pla&#238;t tant qu'il d&#233;cide de renouveler les soir&#233;es de danse tous les samedis, du printemps &#224; l'automne. C'est d'abord Ti-Blanc Richard, puis Fortunat Vachon qui en seront les violoneux attitr&#233;s. Quand Vachon cessera d'y jouer dans les ann&#233;es 50, Henri prendra naturellement sa suite et s'y produira pendant une douzaine d'ann&#233;es. Son habilit&#233; &#224; mener la danse le fera surnommer l&#224;-bas &#171; le papa des gigueurs &#187;. C'est ensuite son vieil ami Laur&#233;at Goulet qui pris la rel&#232;ve&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laur&#233;at Goulet est d&#233;c&#233;d&#233; le 8 novembre 1999 &#224; l'&#226;ge de 74 ans.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La salle a gard&#233; son nom, le Poulailler, jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 90 (maintenant appel&#233;e Salle Lysander). Elle &#233;tait reconnue dans tout le Qu&#233;bec comme un haut lieu de la musique et de la danse dont on attendait l'ouverture avec impatience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, Henri est de plus en plus demand&#233; par les anglophones. Les cachets sont substantiels, il gagne en une soir&#233;e l'&#233;quivalent d'une semaine de travail &#224; la mine. Il raconte avoir une fois accept&#233; le m&#234;me jour deux engagements pour des mariages distants d'un mille. Ayant laiss&#233; un violon dans chaque salle, il passa la soir&#233;e &#224; faire la navette, jouant pour les uns pendant la pause des autres. Lui ne put se reposer qu'une fois la chanson Home sweet home jou&#233;e chez chacun, marquant la veill&#233;e d'un point final comme le veut la tradition chez les Anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pourrait &#234;tre une noce parmi d'autres. Mais c'est la premi&#232;re fois qu'Henri est invit&#233; aux &#201;tats-Unis, dans la vall&#233;e de Champlain, et l&#224; aussi il est encore une fois f&#234;t&#233; par l'assistance. Le mari&#233; est guitariste ; il propose de se joindre &#224; lui pour quelques reels, puis son fr&#232;re les rejoint avec son violon. C'est la rencontre d'Henri avec Wilfred et Louis Beaudoin, d&#233;but d'une belle amiti&#233; et d'une longue complicit&#233; musicale, Wilfred devenant son accompagnateur pr&#233;f&#233;r&#233; et r&#233;gulier. Le hasard veut que le m&#234;me jour, dans la chambre qu'il occupe chez les parents de la mari&#233;e, il remarque un violon poussi&#233;reux, laiss&#233; l&#224; sur le dessus d'une armoire. Il l'essaie, est conquis. Le propri&#233;taire en est rapidement retrouv&#233; et en quelque temps l'affaire est faite. C'est ce violon qu'Henri utilise encore aujourd'hui. Belle journ&#233;e ! S&#251;r de son jeu, Henri commence &#224; participer &#224; de nombreux concours, avec succ&#232;s comme en t&#233;moignent les innombrables troph&#233;es qui couvrent un mur entier de son salon. Encore en a-t-il depuis donn&#233; un grand nombre &#224; ses meilleurs &#233;l&#232;ves. Plus qu'une simple comp&#233;tition, ces concours sont aussi l'occasion pour tous ces violoneux de se r&#233;unir et d'&#233;changer des morceaux. On y vient en famille, avec &#224; la main une bi&#232;re de la marque qui parraine la manifestation et parfois fournit les troph&#233;es, &#233;coutant les artistes qui se succ&#232;dent &#224; un rythme impressionnant toute la journ&#233;e, chacun disposant de 5 minutes pour jouer un reel, un 6/8 et une valse. Dans les coulisses, ceux qui attendent leur tour pratiquent les morceaux qu'ils ont choisi de pr&#233;senter, provocant &#224; l'occasion une incroyable cacophonie pour l'auditeur de passage, alors que chacun parvient &#224; se concentrer sur sa musique. Tout changera apr&#232;s la comp&#233;tition, quand, d&#233;contract&#233;s, des groupes se formeront au hasard des rencontres, autour d'une table ou sur la sc&#232;ne, encha&#238;nant des reels jusqu'au petit matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est lors d'un de ces concours, &#224; Montpellier (Vermont, &#201;.U.) qu'Henri est remarqu&#233; par une compagnie de disques. Quand Wilfred Beaudoin, qui a &#233;t&#233; contact&#233;, t&#233;l&#233;phone &#224; son ami pour lui annoncer la nouvelle, sa modestie lui fait croire &#224; une bonne blague de son guitariste. Apr&#232;s confirmation quelques jours plus tard par le responsable de la compagnie, il accepte avec enthousiasme. Une seule journ&#233;e d'enregistrement est pr&#233;vue et &#224; partir de 9 h le matin Henri enregistrera ses morceaux, certains plusieurs fois, accompagn&#233; de Wilfred &#224; la guitare et de Sylvia Blaise, fille de Louis Beaudoin, au piano. Celui-ci assiste &#224; la s&#233;ance, l'encourageant et donnant son avis &#233;clair&#233; sur la qualit&#233; des prises et y allant parfois de &#171; You-hous &#187; enthousiastes que l'on peut entendre sur certaines plages. &#192; 1 h du matin, 24 titres sont dans la bo&#238;te ! C'est l'int&#233;gralit&#233; des enregistrements de cette journ&#233;e que l'on retrouve sur le CD de Buda Musique, une partie seulement ayant &#233;t&#233; utilis&#233;e par la firme Philo qui publia en 1975 un disque sur Henri Landry. Ceci fut possible gr&#226;ce au soin avec lequel Henri conserva ses bandes originales, restitu&#233;es par la compagnie lors de son d&#233;p&#244;t de bilan &#224; la fin des ann&#233;es 70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses derni&#232;res ann&#233;es, Henri vivait paisiblement dans la maison de bois qu'il avait b&#226;tie de ses mains &#224; Pontbriand. En compagnie de sa femme Fernande et de son fils Michel, entour&#233;s de ses multiples troph&#233;es, on y go&#251;tait un excellent vin de cerise, des conserves d'ail sauvage et mille autres pr&#233;parations dont chaque maison du Qu&#233;bec a le secret. Il nous a quitt&#233; le 25 ao&#251;t 2001, laissant derri&#232;re lui un r&#233;pertoire imposant, un style unique, et quantit&#233; de musiciens perp&#233;tuant son jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CD de Buda Musique :&lt;br class='autobr' /&gt;
Henri Landry, Violoneux des Cantons de l'Est.&lt;br class='autobr' /&gt;
Buda records, 92643-2&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;&#233;dition, photos : Patrick Desaunay ; transfert :&lt;br class='autobr' /&gt;
Andr&#233; Marchand ; montage : Jacques Dompierre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Collection Dominique Buscail dirig&#233;e par Gilles&lt;br class='autobr' /&gt;
Fruchaux. Buda Musique : 188, bd Voltaire,&lt;br class='autobr' /&gt;
75011 Paris, France. T&#233;l&#233;phone : 1 40 24 0103.&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;l&#233;copie : 1 40 24 04 2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NDLR : Ce texte reprend essentiellement celui de la pochette du CD Henri Landry, violoneux des Cantons de l'Est. Quelques corrections, ajouts et mises &#224; jour y ont &#233;t&#233; apport&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laur&#233;at Goulet est d&#233;c&#233;d&#233; le 8 novembre 1999 &#224; l'&#226;ge de 74 ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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