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	<title>Centre Mn&#233;mo</title>
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		<title>Depuis 20 ans, le conte au Qu&#233;bec</title>
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		<dc:date>2013-11-01T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>VAN DIJK Petronella</dc:creator>



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&lt;p&gt;Permettez-moi de jouer &#224; l'apprentie ethnologue, moi qui n'ai qu'une ma&#238;trise en Arts plastiques et qui ne conna&#238;t rien &#224; l'Histoire. Toutefois, depuis 20 ans, &#233;tant intimement li&#233;e au milieu du conte au Qu&#233;bec et un petit peu ailleurs, je vous propose un regard subjectif sur une aventure dont on pourrait, d'une certaine mani&#232;re, dire qu'elle ne fait que commencer... &lt;br class='autobr' /&gt;
Les collecteurs de paroles &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Fr&#232;res Grimm sont sans doute les plus connus des collecteurs de conte, m&#234;me si la plupart (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_292 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;71&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://mnemo.qc.ca/local/cache-vignettes/L296xH296/burns_mikes-25417.jpg?1791638782' width='296' height='296' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Mike Burns, Collection Petronella van Dijk. Photo : Danie&#768;le Be&#769;rard.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Permettez-moi de jouer &#224; l'apprentie ethnologue, moi qui n'ai qu'une ma&#238;trise en Arts plastiques et qui ne conna&#238;t rien &#224; l'Histoire. Toutefois, depuis 20 ans, &#233;tant intimement li&#233;e au milieu du conte au Qu&#233;bec et un petit peu ailleurs, je vous propose un regard subjectif sur une aventure dont on pourrait, d'une certaine mani&#232;re, dire qu'elle ne fait que commencer...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les collecteurs de paroles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Fr&#232;res Grimm sont sans doute les plus connus des collecteurs de conte, m&#234;me si la plupart des gens pensent qu'ils en sont les auteurs, donc les cr&#233;ateurs. De ce c&#244;t&#233; de l'oc&#233;an, plusieurs chercheurs passionn&#233;s ont sillonn&#233;s les routes, les villages, les ann&#233;es pour imprimer sur de la cire, des bandes magn&#233;tiques ou du papier des r&#233;cits, des chansons, de la musique, des descriptions de danses et autres savoir-faire. Les plus connus pour le conte, le P&#232;re Germain Lemieux et le P&#232;re Anselme Chiasson, ont laiss&#233; des traces dont les conteurs contemporains continuent de se servir pour nourrir leurs r&#233;pertoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#232;s de nous, pour ne pas dire &#171; parmi nos familiers &#187;, Robert Bouthillier et Vivian Labrie ont pass&#233; plusieurs ann&#233;es (1974-1979) &#224; collecter toutes sortes de paroles (plus de 4000 chansons et autres propos, dont pr&#232;s de 500 contes) et tous ces tr&#233;sors sont consultables aux Archives de folklore de l'Universit&#233; Laval &#224; Qu&#233;bec. Depuis, ils n'ont eu de cesse de partager avec le plus grand nombre leurs savoirs divers, les deux ayant pouss&#233; tr&#232;s loin des &#233;tudes sup&#233;rieures en lien avec le patrimoine vivant, dit immat&#233;riel, Robert partageant le plus souvent possible son immense r&#233;pertoire de chansons et de contes traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a &#171; le cas &#187; Faubert-Fradette, une passation de savoir peu commune, une relation privil&#233;gi&#233;e au sujet de laquelle vous pourrez lire l'article de Nicolas Godbout. Ernest Fradette est sans doute le dernier conteur qu&#233;b&#233;cois &#171; de souche &#187; &#224; avoir v&#233;cu l'exp&#233;rience du &#171; conteur de tradition &#187;, &#224; savoir qu'il aurait re&#231;u de ses a&#239;euls un r&#233;pertoire familial appris depuis sa tendre enfance. Au fil de l'histoire, ce genre d'apprentissage de toute une vie permettait aux conteurs, presque tous illettr&#233;s, de d&#233;velopper une m&#233;moire ph&#233;nom&#233;nale ainsi que leurs dispositions naturelles pour l'expression orale. Ces conteurs &#171; du monde ordinaire &#187; d&#233;tenaient de vastes r&#233;pertoires de l&#233;gendes, de contes et de contes merveilleux, sans oublier toutes les petites formes qui &#233;taient des outils utiles dans la vie de tous les jours : les dictons, les proverbes, les &#233;nigmes et les devinettes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les premiers venus...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre ordre d'id&#233;es, Jocelyn B&#233;rub&#233; m'a rappel&#233; avec &#233;motion l'int&#233;r&#234;t que Margot Fortin a &#233;t&#233; la premi&#232;re &#224; d&#233;montrer envers des conteurs europ&#233;ens (comme par exemple le breton Patrick Ewen), assez pour les inviter au Festival d'&#233;t&#233; de Qu&#233;bec d&#232;s les ann&#233;es 1980. Si elle n'a pas pu continuer d'accueillir ces funambules de la parole, Dominique Renaud, alors active au Mus&#233;e des Civilisations de Qu&#233;bec, a pris le relais en cr&#233;ant du m&#234;me souffle le premier festival du conte au Qu&#233;bec, Les Haut-parleurs (1985) qui, si on le compare aux autres festivals qui lui ont succ&#233;d&#233;, &#233;tait un &#233;v&#233;nement &#171; institutionnel &#187; qui ne se confrontait donc pas aux m&#234;mes r&#233;alit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de Montr&#233;al, vers la moiti&#233; des ann&#233;es 80, le caf&#233; &#171; La P'tite Ricane &#187; &#233;tait d&#233;j&#224; r&#233;guli&#232;rement investi par les Marc Laberge, Mike Burns et autres passionn&#233;s de l'imaginaire, de la m&#233;moire et de la parole, alors que d&#232;s 1987, la toute discr&#232;te mais efficace Ann Rothfels proposait d&#233;j&#224; une veill&#233;e mensuelle &#224; Lennoxville, dans les Cantons de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les nouveaux pionniers de l'imaginaire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1993, une nouvelle grande aventure commence : la mise en place de deux festivals de conte ind&#233;pendants. Le flamboyant &#171; Festival interculturel du conte de Montr&#233;al &#187;, dirig&#233; par Marc Laberge, globetrotter imp&#233;nitent, et le tr&#232;s modeste festival &#171; Les jours sont cont&#233;s en Estrie, &#187; dirig&#233; par moi-m&#234;me. Deux &#233;v&#233;nements qui, au fil du temps, vont marquer l'histoire du conte au Qu&#233;bec de diff&#233;rentes mani&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le festival de Montr&#233;al a le privil&#232;ge d'&#234;tre tr&#232;s vite reconnu comme &#233;v&#233;nement international par les institutions subventionneuses et peut, gr&#226;ce &#224; cela, inviter de grands conteurs d'Europe, principalement de France &#224; ce moment l&#224;, mais tr&#232;s vite, Laberge va fr&#233;quenter diff&#233;rents festivals et inviter toutes sortes de conteurs d'un peu partout dans le monde. Le festival estrien reste quant &#224; lui pendant huit ans timidement chapeaut&#233; par le Carrefour de solidarit&#233; internationale, pouvant n&#233;anmoins heureusement et avantageusement &#171; profiter &#187; des invit&#233;s de Marc Laberge. Et puis, c'est en 2001 que le festival prend son v&#233;ritable envol, sous le nouveau chapeau de Productions Littorale, sp&#233;cialement cr&#233;&#233; pour que cet &#233;v&#233;nement ne disparaisse pas et s'ancre dans toute la r&#233;gion des Cantons-de-l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, le festival montr&#233;alais prend une ampleur provinciale tout en devenant bisannuel, alors que le festival estrien a lieu chaque ann&#233;e, s'affirmant en 2012 comme le plus vieux festival de conte au Qu&#233;bec en f&#234;tant sa 20e &#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant tout ce temps, dans son coin, mais avec une d&#233;termination naturelle et depuis 1994, chaque dernier dimanche du mois au Pub Hurley's de la rue Crescent &#224; Montr&#233;al, l'Irlandais Mike Burns revisite inlassablement son immense r&#233;pertoire familial, lui qui a commenc&#233; &#224; conter &#224; l'&#226;ge de 9 ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le temps des recruteurs &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus tard, d&#232;s 1997, Jean-Marc Massie et Andr&#233; Lemelin entreprennent une aventure encore diff&#233;rente, qui va marquer tr&#232;s profond&#233;ment tout le milieu du conte au Qu&#233;bec et qui, en quelque sorte, va cr&#233;er ce milieu. Les deux complices pr&#233;sentent, chaque semaine, chaque dimanche soir, au regrett&#233; bar le &#171; Sergent recruteur &#187; de la rue Saint-Laurent &#224; Montr&#233;al, un spectacle de conte qui va rapidement attirer de nombreux jeunes. Autour d'eux : Ronald Larocque, Fran&#231;ois Lavall&#233;e, Claudette L'Heureux et Yves Robitaille, un noyau dur qui se r&#233;unira chaque semaine pendant plusieurs ann&#233;es pour tenter de comprendre cette parole qu'ils sont en train de d&#233;couvrir. De plus, cette formidable odyss&#233;e de ce qu'il faut appeler officiellement &#171; les Dimanches du conte &#187; a &#233;t&#233; soigneusement et patiemment archiv&#233;e par le fid&#232;le Luc Desnoyers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me souffle, Andr&#233; Lemelin, l'incroyable &#171; d&#233;veloppeur &#187; du milieu fonde les &#201;ditions Plan&#232;te rebelle, principalement d&#233;di&#233;es au conte contemporain, et qui proposent au public une superbe s&#233;rie de livres de conte accompagn&#233;s d'un CD, mais aussi des livres de r&#233;flexion sur la mati&#232;re. Et puis, pendant que Lemelin concoctait d'autres folles entreprises (un festival printanier, un gala...) la maison d'&#233;dition &#233;tait reprise par Marie-Fleurette Beaudoin. Courageusement, elle continue de pr&#233;senter un catalogue qui s'enrichit d'ann&#233;e en ann&#233;e de livres pour adultes, mais aussi d'une tr&#232;s belle collection de livres CD pour les tout-petits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997 toujours, le ph&#233;nom&#232;ne des &#171; Cercle de conteurs &#187; commen&#231;ait &#224; Montr&#233;al, suivi au fil du temps par de nombreux groupes de conteurs surtout amateurs et &#233;mergents qui, un peu partout dans la province, se retrouvent une fois par mois soit pour travailler ensemble, soit pour pr&#233;senter leurs histoires pr&#233;f&#233;r&#233;es devant un public amoureux de la parole et de l'imaginaire. Ces rencontres mensuelles sont des rendez-vous importants o&#249; les conteurs peuvent se pratiquer devant public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des porteurs d'&#233;nergie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fred Pellerin - Le terme de ph&#233;nom&#232;ne n'est certainement pas exag&#233;r&#233; dans le cas de Fred Pellerin, porteur d'une &#233;nergie jeune et villageoise. Ses ailes s'allongeant, Pellerin a rapidement multipli&#233; son g&#233;nie, son humour et ses autres talents pour se retrouver dans un univers tr&#232;s diff&#233;rent, qu'on appelle commun&#233;ment le show business.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mike Burns - Ce m&#234;me terme de ph&#233;nom&#232;ne n'est pas non plus exag&#233;r&#233; s'adressant &#224; Mike Burns, porteur d'une &#233;nergie s&#233;culaire. Depuis 50 ans il dit sa culture, son village, sa r&#233;gion, sa terre, son &#238;le, son exil avec toute la profonde puissance d'une parole patiemment et inlassablement cultiv&#233;e depuis des g&#233;n&#233;rations. Porteur de tradition unique en son genre pour le conte, que ce soit au Qu&#233;bec ou au Canada, Mike Burns se m&#233;riterait ind&#233;niablement le titre de &#171; Tr&#233;sor national &#187; d&#233;cern&#233; par l'UNESCO &#224; des personnes exceptionnelles qui portent en elles un savoir ou un savoir-faire unique, singulier et repr&#233;sentatif de leur culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est gens de parole...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ceux qui se distinguent comme les plus solides de nos artistes conteurs, il y a sans conteste le formidable po&#232;te qu'est Jocelyn B&#233;rub&#233;, le chercheur inv&#233;t&#233;r&#233; qu'est Michel Faubert, l'&#233;pique irlandais Mike Burns, Alain Lamontagne aux pieds d'argent et Joujou Turenne, l'amie du vent. Ils repr&#233;sentent la premi&#232;re vague &#171; contemporaine &#187; de conteurs ayant circul&#233; aux niveaux national et international, suivis par de plus jeunes comme Simon Gauthier, Fran&#231;ois Lavall&#233;e, Ren&#233;e Robitaille, Jean-Marc Massie et bien s&#251;r Fred Pellerin. Pendant plusieurs ann&#233;es, un conteur discret mais tr&#232;s talentueux faisait &#233;galement partie du paysage montr&#233;alais : Ndjouga Sarr, le grand s&#233;n&#233;galais &#224; la parole sage et color&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ce petit groupe repr&#233;sente la pointe brillante de l'iceberg puisqu'un r&#233;cent sondage du Regroupement du conte au Qu&#233;bec (2011) a permis d'estimer &#224; environ 300 les conteurs du Qu&#233;bec, toutes cat&#233;gories confondues. Quelques-uns sont membres du r&#233;seau des Artistes &#224; l'&#233;cole, un engagement leur permettant un revenu plus ou moins r&#233;gulier en m&#234;me temps qu'un partage de leur m&#233;tier avec les jeunes g&#233;n&#233;rations. Nombre d'entre eux sont membres du Regroupement du conte au Qu&#233;bec (RCQ), dans l'espoir qu'ensemble nous ayons la capacit&#233; de d&#233;velopper des lieux pour se perfectionner, se pratiquer, se frotter au public, &#224; la critique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment devient-on conteur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car comment devient-on conteur lorsqu'il n'y a ni ma&#238;tres (ou si peu), ni lieux d'apprentissage (formels) et que l'instrument qui nous sert &#224; exprimer notre art est notre propre corps, notre propre voix, notre propre intuition et notre grande solitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conteurs du Qu&#233;bec sont pour la plupart des autodidactes solitaires, m&#234;me si plusieurs organismes tentent de rem&#233;dier &#224; cette situation d&#233;licate en offrant diff&#233;rentes formules d'ateliers et de stages. Ces formations permettent de rencontrer des artistes exp&#233;riment&#233;s, pr&#234;ts &#224; partager un savoir complexe &#224; transmettre puisqu'il implique de multiples niveaux d'apprentissages, car, comme dirait Marc Aubaret, directeur du Centre m&#233;diterran&#233;en de litt&#233;rature orale, le conteur peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme &#233;tant tout en m&#234;me temps &#171; le sc&#233;nariste, le r&#233;alisateur, le producteur, le cameraman, l'histoire elle-m&#234;me et tous ses protagonistes &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, gr&#226;ce au travail d'organismes montr&#233;alais comme Cantine motiv&#233;e (Nicolas Rochette et C&#233;line Jantet) et la Maison internationale du conte (Myriame El Yamani), il est possible d'avoir acc&#232;s &#224; des formateurs (surtout du Qu&#233;bec et surtout de l'ordre de la pratique) qui peuvent guider les conteurs dans leurs nombreux questionnements. En Estrie, c'est l'organisme Productions Littorale qui joue ce r&#244;le, accueillant surtout des formateurs &#233;trangers, p&#233;dagogues et/ou th&#233;oriciens notoires. Le Regroupement du conte au Qu&#233;bec propose aussi des formations, &#233;tant le seul &#224; pouvoir pr&#233;tendre &#224; des subventions en tant qu'organisme national ; il travaille en concordance et en complicit&#233; avec les organismes r&#233;gionaux de mani&#232;re &#224; offrir aux conteurs de toute la province une gamme de formations qui leur donne, malgr&#233; leur trop courte dur&#233;e, des outils pour continuer et parfaire le travail d'une vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenir conteur n'implique pas que la pratique. Bien s&#251;r, il est essentiel de savoir, tout comme les com&#233;diens ou les autres artistes de la sc&#232;ne, appr&#233;hender l'espace en y installant ad&#233;quatement un corps averti, une voix agile, un r&#233;cit bien ficel&#233;, une relation avec le public, etc. Toutefois, au m&#234;me titre que les autres arts, le conte (ou plut&#244;t l'orature) m&#233;rite qu'on s'attarde quelque peu &#224; son histoire en tant que patrimoine immat&#233;riel mondial. Au Qu&#233;bec, plusieurs y r&#233;fl&#233;chissent depuis longtemps, partageant autant que faire se peut leurs connaissances de la mati&#232;re. &#192; cet effet, Andr&#233; Lemelin et Bertrand Bergeron ont, chacun &#224; leur mani&#232;re, examin&#233; de pr&#232;s le conte de la tradition, la l&#233;gende r&#233;gionale, les paroles des anciens d'ici. Christian-Marie Pons, de son c&#244;t&#233;, observe la sc&#232;ne plus large de la francophonie, notamment gr&#226;ce &#224; de longues nuits blanches festivali&#232;res partag&#233;es avec les conteurs, comparses amateurs du grand parler comme des bons vins et qui, le temps &#233;tant de leur c&#244;t&#233;, ont pu mettre en commun d'innombrables id&#233;es, v&#233;cus, r&#234;ves, exp&#233;riences et autres palabres f&#233;condes. Plusieurs r&#233;sultats tangibles : cinq parutions aux &#201;ditions Plan&#232;te rebelle, dont &#171; L'art du conte en dix le&#231;ons &#187; et &#171; Le conte : t&#233;moin du temps, observateur du pr&#233;sent &#187;, deux ouvrages r&#233;f&#233;rents ici comme en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;ditions Plan&#232;te rebelle sont d'ailleurs une autre source d'information extr&#234;mement utile et importante pour les conteurs comme pour le public, averti ou non. Ayant archiv&#233; presque tout ce qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en terme de r&#233;cits cont&#233;s dans les derni&#232;res ann&#233;es, la maison d'&#233;dition reprend &#233;galement cette ann&#233;e des classiques qui ont marqu&#233; l'inconscient collectif qu&#233;b&#233;cois gr&#226;ce &#224; des figures populaires comme Marie Quat'poches (Jani Pascal) ou l'inimitable et inoubliable Fanfreluche (Kim Yaroshevskaya).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette ann&#233;e d'anniversaires multiples, Plan&#232;te rebelle proposera au public toute une nouveaut&#233; puisqu'elle &#233;ditera une magnifique bande dessin&#233;e pr&#233;sentant la version B&#233;rub&#233;enne d'Alexis le trotteur, mise en images par son complice normand, le conteur-dessinateur Guth DesPrez.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_293 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;205&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://mnemo.qc.ca/local/cache-vignettes/L500xH375/BandeDessineeAlexis-4778f.jpg?1791638782' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Plane&#768;te rebelle publiera une bande dessine&#769;e pre&#769;sentant la version Be&#769;rube&#769;enne (de Jocelyn Be&#769;rube&#769;) d'Alexis le trotteur, mise en images par son complice normand, le conteur-dessinateur Guth DesPrez.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le conte aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis vingt ans, le conte continue donc de circuler, presque comme si de rien n'&#233;tait. Presque. Car si le conte continue de faire ce qu'il a &#224; faire depuis la nuit des temps, les conteurs eux ont chang&#233;. Le public a chang&#233;. Les lieux ne sont plus les m&#234;mes. Non plus que les relations des gens entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on regarde d'un peu plus pr&#232;s la carte dessin&#233;e par des ethnologues pour comprendre plus facilement l'ampleur du territoire &#224; parcourir, on peut constater qu'une partie de ladite orature &#233;tait en quelque sorte, au fil de l'histoire, r&#233;serv&#233;e &#224; des grands initi&#233;s : de grands po&#232;tes, des a&#232;des, des rhapsodes et autres bardes qui &#233;tudiaient avec de grands ma&#238;tres pendant de longues ann&#233;es avant d'&#234;tre autoris&#233;s &#224; r&#233;citer les oeuvres dont ils devenaient les porteurs. Les autres parties du territoire, celles arpent&#233;es par les gens &#171; du peuple &#187;, plus accessibles &#224; tous parce qu'impr&#233;gn&#233;es dans la vie quotidienne, &#233;taient constitu&#233;es par les l&#233;gendes, les contes, les contes merveilleux et toutes les petites formes indiqu&#233;es plus haut. Tous ces r&#233;cits faisaient partie des rituels oblig&#233;s d'une vie souvent rurale et confortaient la communaut&#233; en la rassemblant autour d'un ouvrage ou d'une f&#234;te au cours desquels les plus performants s'adonnaient &#224; la musique ou &#224; la parole, entre autres pour rythmer l'activit&#233; ou pour la clore. &#192; ce titre, tous les chants (de travail, de m&#233;tier, de marins, de foulage, etc.) prenaient aussi une place importante dans une vie o&#249; le sollicit&#233; pour le travail qu'il ne l'est aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, les conteurs ne sont plus des illettr&#233;s, ils sont souvent d&#233;tenteurs de dipl&#244;mes universitaires et s'ils sont professionnellement actifs, c'est rarement en tant que conteurs. Il est tout de m&#234;me notable que malgr&#233; diverses connaissances n&#233;cessaires &#224; leurs vies, nombre d'entre eux n'ont pas encore une vraie connaissance approfondie de cet immense patrimoine mondial commun&#233;ment appel&#233; Litt&#233;rature orale. Orale parce que, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e mentalement, elle a &#233;t&#233; traditionnellement transmise de bouche &#224; oreille, sans le recours &#224; l'&#233;criture ; litt&#233;rature parce que compos&#233;e d'innombrables r&#233;cits souvent complexes qui veulent &#171; faire oeuvre &#187; et utilisent donc un langage plus riche que celui du quotidien, emprunts d'un symbolisme qui lui conf&#232;re une profondeur universelle et arch&#233;typale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, si les conteurs ont chang&#233; notamment parce qu'ils n'ont plus acc&#232;s &#224; cette exp&#233;rience traditionnellement transmise depuis l'enfance, le public lui aussi a chang&#233;. Il n'est plus compos&#233; de la famille et des voisins imm&#233;diats, des villageois complices. La grande partie du public est devenue urbaine, submerg&#233;e par d'innombrables informations de toutes sortes dont des centaines de propositions artistiques, sans oublier la terrible force attractive des divers &#233;crans qui se mettent de nos jours entre les membres de ce public et les autres, les artistes. Le besoin de se rassembler semble moins n&#233;cessaire en ces temps de &#171; communication globale et plan&#233;taire &#187;, alors que de nombreuses statistiques confirment la solitude non assum&#233;e d'un nombre de plus en plus grand de personnes de tous &#226;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lieux non plus ne sont plus les m&#234;mes. Les conteurs, en tant qu'artistes de la sc&#232;ne, contant plus souvent qu'autrement dans un espace qui ne leur est pas &#171; naturel &#187;, un espace qui exige des comp&#233;tences semblables &#224; celles des autres artistes du spectacle vivant, dont les com&#233;diens. Des comp&#233;tences qui en elles-m&#234;mes peuvent exiger plusieurs ann&#233;es d'apprentissage. Il y a en ce moment un mouvement qui voudrait ramener les conteurs dans les cuisines car, faute de pouvoir se pr&#233;senter assez souvent sur des sc&#232;nes, plusieurs conteurs du milieu cherchent &#224; cr&#233;er des r&#233;seaux parall&#232;les leur permettant de d&#233;velopper des complicit&#233;s diff&#233;rentes avec des publics moins enclins &#224; fr&#233;quenter les salles et leurs billets souvent co&#251;teux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des constats de l'enqu&#234;te men&#233;e par le Regroupement du conte au Qu&#233;bec en 2011 d&#233;montre que les conteurs sont trop souvent strictement livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, que ce soit pour la cr&#233;ation de leurs r&#233;cits, pour le choix des r&#233;cits du patrimoine mondial, la mise en bouche, la mise en corps, la mise en espace et toutes les &#233;tapes essentielles &#224; une prestation de qualit&#233; attendue par un artiste accompli vivant au 21e si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on observe ce qui se passe ailleurs, en Europe (France, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Allemagne) ou dans les Am&#233;riques, la situation est assez semblable. Une forte fi&#232;vre &#171; acad&#233;micienne &#187;, voire humoristique, souffle un peu partout, poussant de nombreux aspirants artistes &#8211; incluant les conteurs &#8211; &#224; tout mettre en oeuvre pour avoir une heure de gloire. Certains le font avec une volont&#233; et un talent suffisants pour les mener vers une certaine reconnaissance, succ&#232;s qui peut les inciter &#224; continuer, et surtout &#224; se perfectionner, &#224; avancer sur un chemin passionnant, aussi plein d'emb&#251;ches que d'&#233;blouissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, il existe plusieurs lieux d'apprentissage et de perfectionnement (notamment en France, en Belgique et aux Pays-Bas) ouverts au public et aux artistes et le dynamisme des milieux varie selon les pays. Toutefois, ce qui est remarquable, c'est que l&#224;-bas comme ici et malgr&#233; les efforts constants d'organisateurs dont par ailleurs le travail est peu reconnu, le conte, le contage et les conteurs font partie d'un monde marginal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les f&#234;tes et les rencontres &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, depuis 20 ans, il y a les festivals, les f&#234;tes et les rencontres, ces &#171; universit&#233;s populaires &#187; comme les appelle si justement Gilles Garand, l'infatigable directeur de La Grande rencontre. Lors de ces grands &#233;v&#233;nements, il est possible de voir, d'entendre et de rencontrer des artistes de haut niveau, mod&#232;les essentiels dans l'avancement d'un art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route des contes, les festivals sont nombreux au Qu&#233;bec, surtout pendant la saison automnale. Mais l'ann&#233;e commence au printemps, &#224; Montr&#233;al, avec un nouveau festival, le Festilou (Sylvi Belleau) qui s'adresse depuis deux ans aux jeunes de 7 &#224; 17 ans, rapidement suivi par le Festival de Contes et L&#233;gendes en Abitibi-T&#233;miscamingue (Nicole Garceau) qui souligne sa 9e &#233;dition cette ann&#233;e. Un peu plus tard, pendant l'&#233;t&#233;, Alexis Roy accueille au Festival du conte et de la l&#233;gende de l'Innucadie des conteurs mettant en valeur les cultures innu et acadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis &#224; l'automne, en plein milieu de la flamb&#233;e des couleurs, les conteurs aussi s'enflamment ! D'abord, aux &#206;les-de-la-Madeleine o&#249; les festivit&#233;s sont nombreuses pendant les deux semaines que dure l'&#233;v&#233;nement Contes en &#206;les (2002 - Alexandre Colpron en est le nouveau directeur), au grand plaisir des madelinots assoiff&#233;s de paroles et d'imaginaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997, en m&#234;me temps que naissaient les Dimanches du conte, loin dans la province, une autre esp&#232;ce de fou intr&#233;pide, Maurice Vaney, fier d&#233;fenseur de la tradition orale de la francophonie, lan&#231;ait le Rendez-vous des grandes gueules. Depuis, chaque ann&#233;e pendant la fin de semaine de l'Action de Gr&#226;ce, ce grand rendez-vous attire &#224; Trois-Pistoles un public important, devenu connaisseur, et appr&#233;ciant les conteurs de partout que Vaney accueille souvent apr&#232;s qu'ils soient pass&#233;s aux &#206;es-de-la-Madeleine et avant qu'ils partent en Estrie ou &#224; Montr&#233;al, favorisant ainsi une route du conte qui, chaque automne, permet &#224; des conteurs qui viennent de loin de pr&#233;senter leurs spectacles devant diff&#233;rents publics et aussi de faire connaissance avec notre pays, qu'ils ne connaissent souvent que pour &#171; son exotique accent &#187; ! Le Rendez-vous des grandes gueules s'est vu r&#233;compens&#233; &#224; deux reprises par le Prix du patrimoine du Bas Saint-Laurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La halte suivante &#224; lieu &#224; L&#233;vis o&#249; Carole Legar&#233; tente de faire de sa ville &#171; La ville du conte &#187; au Qu&#233;bec en plus de se d&#233;mener depuis de nombreuses ann&#233;es pour que la maison natale du tr&#232;s r&#233;f&#233;rent Louis Fr&#233;chette soit remise en &#233;tat d'accueillir des assembl&#233;es d'amoureux de la litt&#233;rature, &#233;crite ou orale. Depuis dix ans d&#233;j&#224; le Festival Jos Violon propose au public de L&#233;vis et de Qu&#233;bec de rencontrer des conteurs de partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, un an sur deux il y a depuis 1993 cette immense f&#234;te montr&#233;alaise de la parole avec le Festival interculturel du conte du Qu&#233;bec (Marc Laberge) qui accueille de tr&#232;s nombreux conteurs du monde presqu'entier, et propose des activit&#233;s dans de tr&#232;s nombreux lieux dans la grande m&#233;tropole montr&#233;alaise, mais aussi en dehors de la ville, en partenariat avec divers organismes qui se trouvent un peu partout dans la province. Les plus grands conteurs de partout y sont accueillis, pr&#233;sent&#233;s, partag&#233;s avec un public principalement francophone, puisque le volet anglophone a d&#251;, faute de moyens, &#234;tre retir&#233; de la programmation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, depuis 20 ans, les Jours sont cont&#233;s. En Estrie, vaste r&#233;gion rurale en- tourant la ville-centre de Sherbrooke o&#249; pourraient se c&#244;toyer les &#233;tudiants de deux universit&#233;s et de trois c&#233;geps. Depuis 20 ans, le festival estrien s'obstine &#224; pr&#233;senter des spectacles en trois langues : fran&#231;ais, anglais et espagnol, devant un public urbain et rural puisque, par exemple, pour l'&#233;dition de cette ann&#233;e, une douzaine de municipalit&#233;s seront mises &#224; contribution. Nous pr&#233;parons une s&#233;rie de festivit&#233;s qui d&#233;butera avec une fiert&#233; joyeuse par la pr&#233;sentation d'une dizaine de spectacles dans le r&#233;seau des Maisons de la Culture de Montr&#233;al et deux au Cabaret du Roy. Ensuite, une quarantaine d'activit&#233;s (parade, spectacles, ap&#233;rocontes, lancements, rencontres de r&#233;flexion) prendront place dans les Cantons-de-l'Est, de Frelishburgh &#224; Saint-Camille et de Valcourt &#224; Coaticook, en passant notamment par Magog et Sherbrooke. Une vingtaine de conteurs, presque tous des habitu&#233;s, seront pr&#233;sents pour le plaisir d'un public qui commence &#224; les conna&#238;tre. Les grandes salles de la r&#233;gion seront investies en complicit&#233; et les petits caf&#233;s partenaires de longue date ne seront pas n&#233;glig&#233;s, de mani&#232;re &#224; ce que tout le monde puisse &#234;tre de la f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui distingue le festival estrien c'est qu'il est la partie la plus visible d'un travail qui se fait toute l'ann&#233;e, discr&#232;tement, sous le chapeau de l'organisme Productions Littorale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Productions Littorale change de nom pour devenir la Maison des arts de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par la concr&#233;tisation d'une panoplie d'activit&#233;s (spectacles programm&#233;s ou ponctuels, animations, ateliers d'initiation, ateliers de perfectionnement, cr&#233;ation de contes sur mesure, rencontres de r&#233;flexion, publications, etc.). Toute cette gamme de services fait de Productions Littorale un lieu unique au Qu&#233;bec et le seul &#224; offrir une vari&#233;t&#233; aussi grande et r&#233;guli&#232;re d'acc&#232;s au conte, &#224; la litt&#233;rature orale et aux autres arts de la parole (po&#233;sie, slam, chanson &#224; texte, th&#233;&#226;tre, etc.). Dirig&#233; depuis le mois de novembre 2011 par la jeune Marie Lupien- Durocher, j'ai toujours l'honneur et le plaisir d'en &#234;tre la directrice artistique apr&#232;s l'avoir fond&#233; et dirig&#233; pendant de nombreuses ann&#233;es afin que l'imaginaire et la parole circulent librement et de mani&#232;re dynamique dans notre immense r&#233;gion, dans notre belle province et que tous ensemble nous fassions en sorte de rendre &#224; ce &#171; vieil art&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Expression que nous devons au conteur Jocelyn B&#233;rub&#233;.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sa lumineuse profondeur et sa dignit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Productions Littorale change de nom pour devenir la Maison des arts de la parole.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Expression que nous devons au conteur Jocelyn B&#233;rub&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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