Au-delà du reel : Introduction à la musique traditionnelle instrumentale québécoise

Vol. 3, no. 3, Hiver 1999

par JOYAL Jean-Pierre

Pour faire suite à la Petite introduction à la danse traditionnelle québécoise et à ses genres... parue dans ces pages [1]-, nous nous tournons maintenant vers le monde de la musique, car danse et musique instrumentale ont de tout temps été intimement liées au Québec.

La musique de danse québécoise découle de plusieurs traditions musicales européennes provenant tant des Îles Britanniques (Angleterre, Écosse, Irlande) que de France. Combinant ces influences diverses, la tradition québécoise a retenu plusieurs genres musicaux qui cohabitent plutôt bien, malgré le fait que certains musiciens confondent parfois ces genres [2]. Notre but est donc de répondre aux musiciens, néophites ou expérimentés, qui pourraient se questionner sur les subtilités qui nous font distinguer le reel de la gigue, le hornpipe de la clog.

À tout seigneur, tout honneur ! Commençons par la forme musicale la plus représentée dans la musique de danse québécoise : le reel.

Le reel

Le reel est natif d’Écosse. Ce nom désignait à l’origine une figure de danse très répandue dans les danses écossaises (une figure de 8) [3]. Vers le début du XVIIIe siècle, le terme reel en vint à être associé à la musique utilisée pour cette danse : un type d’air en mesure à 2/4 de tempo rapide (environ 120 au métronome). Bien qu’il existe des exemples d’airs à plusieurs parties, le reel est généralement formé de deux parties qui seront répétées, donnant ainsi le patron AA BB. En Écosse, on distinguait deux types de reels selon que les phrases musicales s’étendent sur 8 temps (le rant) ou sur 16 temps (le scottish measure). De nos jours, cette distinction tend à disparaître alors que le terme reel englobe ces deux catégories et désigne la mesure à 2/4 en général, plutôt que la longueur des phrases musicales. [4]

D’Écosse, le reel passa bientôt à l’Irlande où il détient maintenant une place de choix au sein de la musique traditionnelle instrumentale. Le reel irlandais est lui aussi formé de deux parties (parfois plus) de 16 temps qui seront répétées ; c’est d’ailleurs ce même type que nous retrouvons le plus souvent au Québec.

La gigue

Fig. 1Autre sujet de contreverse, le mot "gigue" possède, au Québec, une personnalité multiple. Ce mot désigne, on le sait, une danse de pas qui nous vient des Îles Britanniques ("step dancing" en anglais) mais pour les musiciens ce terme pourra s’appliquer aussi bien à un reel sur lequel on dansera la gigue (en mesure à 2/4) qu’à un air de jig irlandaise (en mesure à 6/8). Dans le premier cas, certains musiciens traditionnels préféreront la désignation de reel gigué [5]. Quoi qu’il en soit, les deux termes gigue et reel gigué cernent une même réalité : un reel de tempo modéré, dont les parties sont fréquemment d’une longueur de 8 temps (dénotant ici l’influence du rant écossais) et dont le caractère rythmique reproduit le patron correspondant au rythme d’un pas de gigue largement répandu au Québec (Fig. 1). Pour rendre la chose encore plus confuse, précisons qu’au Québec on danse rarement la gigue sur un air de jig irlandaise en mesure à 6/8.

Fig.2Qu’en est-il de cette jig irlandaise ? Alors que le reel est apparu en Écosse, la jig est un produit authentique de l’Irlande du XVIe siècle. Ce genre musical sera, à son tour, exporté à travers les Îles Britanniques et éventuellement vers l’Amérique. En Irlande, on distingue trois catégories de jig : la single jig, la double jig et la slip jig. Comme le reel, la single jig et la double jig sont généralement formées de deux phrases musicales de 16 temps de tempo rapide, qui seront répétées, formant le patron AA BB. Elles évoluent toutes deux sur une mesures à 6/8, leurs différences reposant sur le caractère de la mélodie. La single jig présentera ainsi un côté plus lyrique avec une utilisation fréquente de notes longues alors que la double jig sera plus dynamique avec un patron de six croches par mesure (Fig.2). La slip jig, parfois appelée hop jig, fait bande à part avec une mesure à 9/8 (Fig.2) et des phrases musicales s’étalant sur 12 temps. Ces airs étant parfois interprétés à tempo accéléré, la mesure à 9/8 pourra donner l’illusion d’une mesure à 3/4, mais il ne faut pas trop se fier aux apparences. En Irlande, ce genre musical est beaucoup moins populaire que les deux autres alors qu’en Amérique cette forme est extrêmement rare [6].

Au Québec, une mélodie de mesure à 6/8 pourra parfois être désignée comme gigue (surtout dans les régions où l’immigration irlandaise aura été importante : (Outaouais, Cantons de l’est) mais le plus souvent on parlera de "partie de quadrille" ou tout simplement de "6/8". Dans la région de Québec, la musique d’une "partie de quadrille" sera souvent de type single jig alors que celle accompagnant une première "partie de set" dans la Beauce, le Richelieu, les Cantons de l’est sera de type double jig.

La galope

La tradition du quadrille, toujours très vivante dans la région de Québec, utilise un autre genre musical : la galope [7]. On sait peu de chose sur ce genre musical. À notre avis celui-ci proviendrait d’un croisement entre le galop et la polka. Le galop est né en France avec le "grand quadrille" au début du XIXe siècle alors que la polka conquit les salons européens au milieu du XIXe siècle. Les deux genres partagent une mesure à 2/4 mais la polka aime montrer un patron rythmique particulier que nous retrouvons fréquemment dans nos galopes québécoises .

La galope, de mesure à 2/4 [8] de tempo modéré (environ 110 au métronome), est généralement composée de deux phrases musicales de 32 temps qui seront répétées, reprenant le même patron AA BB que nous avons vu précédemment au sujet du reel et de la gigue. De fait, la galope se reconnaît surtout par le lyrisme de sa mélodie, caractéristique particulière aux mélodies de la région de Québec, berceau de la galope chez nous. Probablement peut-on voir là un lien avec la musique de quadrille européenne du XIXe siècle, souvent tirée directement des opéras et opérettes à la mode. Sans que ce rapprochement soit évident dans le répertoire québécois, il n’en demeure pas moins que ce genre musical rappelle la musique de salon appréciée dans toutes les grandes villes d’Occident au XIXe siècle.

Fait intéressant, il nous faut aussi mentionner la présence d’airs de forme hybride développés par les musiciens de la région de Québec. On pourra alors voir juxtaposées, par exemple, une phrase musicale de 16 temps très dynamique (de type reel ) avec une autre phrase très lyrique s’étendant sur 32 temps (de type galope). La galope, on le voit, bien que peu jouée hors de la région de Québec, n’en est pas moins toujours vivante et capable de s’adapter à de nouvelles réalités.

Le hornpipe

Le hornpipe est né en Angleterre. Selon plusieurs sources manuscrites, il existait déjà au XVIe siècle, évoluant sur une mesure à 3/2. Ce n’est qu’au milieu du XVIIIe siècle que la mesure à 2/4, telle que nous la connaissons aujourd’hui, devint généralement acceptée. On lui reconnaît aussi une structure binaire où les deux phrases seront répétées formant le patron AA BB. Également populaire en Écosse et en Irlande, le hornpipe apparaît de nos jours sous différents modes d’interprétation. En Angleterre et en Écosse, le hornpipe peut être joué tant de façon rapide et enjouée, à la manière du reel (style de mise dans les "country dances"), que posément (environ 80 au métronome) s’il est destiné à l’accompagnement du "clog dancing" [9], d’où l’appellation de clog donnée couramment au hornpipe. Dans ce dernier cas, il sera joué en rythme pointé de façon très marquée. L’Irlande ne conserva que cette deuxième pratique alors qu’en Amérique du nord le hornpipe devint un reel ordinaire, bien que la clog ait connu une certaine faveur au Québec au début du siècle.

La Grande gigue simple et le Brandy

On ne saurait dire si la mesure à 3/2 du hornpipe primitif serait à l’origine d’une catégorie similaire au Québec mais il existe des mélodies qui habillent cette mesure. La Grande gigue simple et le Brandy sont, et de loin, les exemples les plus célèbres d’airs de cette espèce [10]. La Grande gigue simple, que certains appellent la Grondeuse à cause du réaccordement du violon [11], fut longtemps considérée comme la mélodie par excellence pour danser la gigue, du moins c’était sûrement la plus connue au Québec. Tout violoneux qui se respectait se devait de l’inclure à son répertoire s’il voulait satisfaire son public. Aussi, ne faut-il pas se surprendre si cette mélodie voyagea vers l’ouest canadien où les métis du Manitoba l’ont adoptée en la rebaptisant la Gigue de la Rivière-Rouge.

Le cas du Brandy est quelque peu différent. Ce nom désigne une danse répandue à l’échelle de la province. Dans plusieurs régions du Québec, la danse s’exécute sur un reel commun mais pourtant certains musiciens ont conservé une mélodie archaïque en mesure ternaire, mélodie qui ne sert exclusivement qu’à l’accompagnement de cette danse. Au Saguenay - Lac Saint-Jean, où cette danse est toujours très populaire, les déplacements sont d’ailleurs accompagnés de pas gigués complexes, d’où le nom de Brandy "frotté" donné là-bas. Tout porte à croire que notre Brandy serait un dérivé d’une danse populaire à travers les Îles Britanniques connue sous le nom de Drops of Brandy, dont la mélodie est en mesure à 9/8 donc ternaire elle aussi. Bien que la mélodie d’origine et la version québécoise montrent peu de similitudes, s’agirait-il d’une transformation structurale ? La question reste posée.

Voilà donc les genres musicaux qui englobent la plus grande part de notre patrimoine musical instrumental. D’autres genres plus récents sont pourtant venus se greffer à ceux-ci vers la fin du XIXe siècle. Il s’agit de la marche, la valse et la polka.

La marche

Bien que la marche ne soit associée à aucune forme de nos grandes danses folkloriques, ce genre musical s’est tout de même infiltré dans le répertoire de plusieurs musiciens traditionnels vivant en milieu urbain. Cela n’a rien de surprenant car les fanfares et les harmonies à vent connurent une vogue de popularité sans précédent au XIXe siècle, vogue qui se prolongea même jusqu’au début du XXe siècle.

À force de côtoyer les ensembles à vent, certains musiciens traditionnels voulurent imiter leur musique. Ils s’initièrent donc à la marche militaire, genre musical largement pratiqué par les fanfares et les harmonies du début du siècle. Par définition, la marche militaire peut se construire indifféremment sur une mesure à 2/4 ou à 6/8. Les musiciens traditionnels reprendront les même patrons, ce genre musical se distinguant du reel et de la gigue en étant moins dynamique que les airs à danser, à tempo plus lent et en montrant une pulsation de base très prononcée.

La valse

L’inclusion de genres musicaux provenant des salons bourgeois nous amena deux nouveaux sujets au début du XX siècle : la valse et la polka. La valse, contrairement à la marche, sera très répandue au Québec. Elle fut acceptée d’emblée par les musiciens traditionnels mais cette acceptation ne date que du début du siècle. Encore une fois, comme cette danse ne figure pas au palmarès de nos grandes danses folkloriques, son usage avant 1900 était limité aux régions urbaines, les musiciens préférant se concentrer sur les genres musicaux que nous avons vu précédemment.

Fig. 3Au tournant du siècle, la plus grande mobilité des individus, alliée à l’apparition du disque et de la radio, ouvrirent de nouveaux horizons musicaux à nos interprètes folkloriques. En adoptant la valse, ceux-ci auront donc folklorisé une pratique citadine en imitation des bals de la haute société donnés dans les grands hôtels de Montréal et de Québec. Pourtant, certaines régions seront restées imperméables à ces influences modernes.
La valse s’est développée dans les pays germaniques vers la fin du XVIIIe siècle à partir du "Ländler", une danse paysanne à trois temps (3/4). La popularité grandissante de la valse fut telle qu’au XIXe siècle elle était devenue "la danse" à l’honneur dans les salons bourgeois tant de l’ancien que du nouveau monde. Précisons qu’en plus de la valse courante, caractérisée par le patron rythmique (Fig. 3), nous retrouvons au Québec un type de valse giguée surnommée valse-clog, très populaire au début du siècle. La valse-clog, danse d’origine britannique, s’identifie aux patrons rythmiques suivants (Fig. 1 : valse-clog 1 et 2). Ici, le côté rythmique de la mélodie sera plus prononcé que son aspect lyrique, contrairement à la valse ordinaire.

La polka

Cette danse à deux temps (2/4), énergique et guillerette, prit d’assaut les salons européens au milieu du XIXe siècle et se propagea par la suite à travers le monde. Pourtant, encore une fois, ce n’est qu’au début du XXe siècle que la polka sera intégrée au répertoire de nos musiciens folkloriques urbains. Les musiciens des campagnes ne tarderont pas à copier ceux des villes mais il faut faire ici une distinction entre l’aspect musical et l’aspect chorégraphique de cette nouvelle venue : la polka en tant que genre musical était probablement plus appréciée que la polka dansée qui a longtemps été ignorée des amateurs de danses traditionnelles québécoises. Gardons cependant à l’esprit que certains airs de polka européens, une fois transformés, auront très bien pu être assimilés à d’autres genres musicaux comme le reel et la galope, et se retrouver ainsi intégrés à la tradition québécoise.

Conclusion

Voilà les genres musicaux formant l’essentiel de notre patrimoine musical instrumental. Cependant, ces belles définitions théoriques sont parfois loin du quotidien du musicien traditionnel ; le questionnement philosophique sur la nature du reel constitue un problème pour les musicologues, non pour les violoneux. Aussi, ne faut-il pas se surprendre de voir des irrégularités poindre de temps à autre dans la nomenclature utilisée par les porteurs de traditions [12]. Qu’à cela ne tienne. Armé de vos nouvelles connaissances, vous serez à même de déjouer les pires imbroglios !

Notes

[1Bulletin Mnémo, vol. 1, n° 4 et 5, printemps et été 1997

[2De plus, il n’est pas rare d’entendre mentionner, encore aujourd’hui, l’expression "rigodon" qui, dans la bouche des musiciens traditionnels québécois, est une forme générique qui s’applique à tout air instrumental de danse. À ce sujet, voir l’article de Pierre Chartrand concernant l’ouvrage de Jean-Michel Guilcher, "Le domaine du rigodon : une province originale de la danse" dans Mnémo bulletin, vol.1, n°.4, printemps 1997, p.2.

[3Voir Pierre Chartrand, "Du set au cotillon... (suite et fin)", Bulletin Mnémo , vol. 2, n°. 1, été 1997, p.3.

[4Un léger problème subsiste cependant concernant la métrique du reel. Une tradition concernant la notation d’airs instrumentaux s’est développée tant en Angleterre, en Irlande qu’en Écosse où il se publie des collections d’airs à danser depuis plus de deux siècles. Malgré tout, aucune entente quant à la métrique à utiliser pour ces transcriptions ne fut établie entre les éditeurs et l’on se retrouve donc aujourd’hui face à un éventail de procédés.

Bien que le caractère intrinsèque du reel suggère une notation en mesure à 2/4, une notation en mesure Alla breve (2/2 ou C) fut popularisée dès le XVIIIe siècle. Dans la mesure à 2/4 il y a deux temps par mesure, chaque temps étant représenté par une noire ; alors que dans la mesure à 2/2, chacun des deux temps de la mesure est représenté par une blanche. L’avantage de cette pratique est l’élimination de doubles-croches, la partition étant transcrite deux fois plus lentement que la réalité le voudrait. En d’autres termes, le musicien devra lire sa partition deux fois plus vite ; par exemple en mesure à 2/4, la noire à 120 au métronome ou en mesure à 2/2, la blanche à 120 au métronome. La mesure Alla breve éliminant la présence de doubles-croches, les musiciens dilettantes n’en déchiffraient leurs partitions préférées qu’avec plus de facilité. Le problème qui se présenta vient du fait que la mesure à 2/2, qui contient deux blanches par mesure, ressemble étrangement à la mesure à 4/4 (ou c ) qui contient quatre noires par mesure. Dans les deux cas, nous avons quatre temps par mesure mais la différence majeure tient à ce que la mesure à 2/2 doit être lue deux fois plus vite, contrairement à celle à 4/4. Pourtant, certains éditeurs ont utilisé quand même ce procédé, confondant ici 2/2 et 4/4. Aucun consensus n’ayant été établi, cela même de nos jours, il ne sera donc pas rare de voir cohabiter les trois procédés ( 2/4, 2/2, 4/4 ) à l’intérieur d’un même recueil.

[5Le terme reel gigué aurait été introduit par l’accordéoniste Philippe Bruneau dans les années soixante.

[6Louis"Pitou" Boudreault, célèbre violoneux du Saguenay, avait conservé des pièces de cette nature dans son répertoire.

[7Parfois orthographié galoppe de nos jours. Les rares mentions de ce terme sur les disques 78 tours du début du siècle utilisent l’appellation "la galop". Cette transformation de l’orthographe et de la prononciation du galop original vers la galope viendrait peut-être d’une prononciation à l’anglaise du mot galop, les salons bourgeois étant plutot anglophiles dans le Québec du XIXe siècle. Selon les recherches de Pierre Chartrand, le mot galope serait aussi utilisé en France au XIXe siècle comme forme régionale du mot galop. C’est ainsi qu’on le retrouve aussi bien chez Georges Sand que dans certains dictionnaires de l’époque.

[8Comme d’autres musiciens traditionnels, nous avons longtemps pensé que la galope devait se transcrire sur une mesure à 4/4, qui correspond assez bien aux longues phrases de 32 temps que nous retrouvons souvent dans ce genre musical. Après mûre réflexion, il nous semble maintenant que la mesure à 2/4 soit plus réaliste, celle-ci étant déjà utilisée pour trancrire le galop et la polka, qui sont tous deux à l’origine de la galope québécoise.

[9Cette danse s’exécute avec des sabots (clogs en anglais).

[10Ces mélodies sont généralement transcrites en mesure à 3/2 , présentant trois temps par mesure. Nous croyons que la mesure à 3/4 serait plus pratique, en ayant soin de préciser la battue métronomique pour éviter toute confusion avec la valse. Ainsi, avec une battue à 120 à la noire, le reel montrerait deux temps par mesure (2/4) et la Grande gigue simple trois temps par mesure (3/4).

[11Cette technique de réaccordement de l’instrument s’appelle "scordatura" dans le monde du violon classique. Les violonistes européens l’utilisèrent allègrement au XVIIe siècle. Au Québec, il n’était pas rare de donner le nom de Grondeuse aux pièces qui utilisaient cette technique car on y faisait gronder les cordes graves du violon qui vibraient à vide en guise de bourdon.

[12Le cas du violoneux Joseph Bouchard illustre bien notre propos. On retrouvait dans son répertoire un air intitulé Galope de la Malbaie alors qu’il s’agit d’un reel et à l’opposé un autre air intitulé Reel Antoinette, qui est en fait une galope.