Hommage à Irène Berthiaume

Vol. 4, no. 4, Printemps 2000

par DESCHÊNES Donald , SIRIANNI Lise

Un rendez-vous manqué...

Nous nous étions promis une petite visite suite au lancement de son livre. Je souhaitais partager encore une fois un brin de causette avec cette dame que j’affectionne particulièrement...

Trop tard hélas ! Le temps a passé trop vite et notre rendez-vous ne s’est pas concrétisé. Madame Irène Berthiaume s’est éteinte le 16 mars 1999, à l’âge de 81 ans, quelques mois à peine après la parution de son autobiographie.

Ce livre est en quelque sorte l’ultime cadeau que madame Berthiaume nous a légué. Plusieurs connaissent déjà sa prodigieuse mémoire à interpréter l’une ou l’autre de ses centaines de chansons, conservées aux Archives de folklore de l’Université Laval.
La chanson aura été son exutoire dans ses joies comme dans ses peines. Héritière d’un patrimoine qu’elle a su garder vivant, madame Berthiaume demeurera dans nos coeurs une femme généreuse, reconnaissante envers la vie.

Son autobiographie nous permet de rencontrer une personnalité extraordinaire, une petite beauceronne déterminée qui a trimé dur, tout en préservant les valeurs héritées de ses parents. Et que dire des jeux, des chansons, de la musique et de la danse qui ont alimenté les veillées de son temps ? De belles découvertes en perspective.

Je conserve d’elle le souvenir d’une femme accueillante, humble malgré le succès remporté par ses compositions, son carnet de chansons, ses trois microsillons et ses apparitions à la télévision.

Mon rendez-vous manqué m’aura permis de vivre un beau moment d’émotion auprès d’Huguette et Lilianne, filles de madame Irène. Les propos échangés lors d’un récent entretien m’ont permis de constater toute l’admiration qu’elles éprouvent pour leur mère, pour ses chansons qu’elles conservent précieusement et qui demeurent un bien inestimable pour tous les enfants et petits-enfants de la famille.

Quant à moi, ce sera toujours avec un profond respect et le plus grand plaisir que je continuerai de vous chanter madame Irène...

Dans la Beauce la vie est belle,
On est heureux de le crier.
Les jarrets noirs on nous appelle,
Mais ça c’est du temps passé.

extrait de La Beauce .

Il est possible de se procurer le livre Au fil des chansons, une petite femme de la Beauce raconte..., auprès de madame Huguette Grenier au (418) 387-5514.

par Lise Sirianni
 

Mme Irène Berthiaume

Née le 16 janvier 1918 à Saint-Elzéar-de-Beauce, Irène Berthiaume, née Laplante, possédait un des plus vastes répertoires de chansons traditionnelles qui soit. Dans les années soixante-dix, le professeur, compositeur et folkloriste Marc Gagné a recueilli auprès d’elle plus de 150 chansons. Issue d’une famille où l’on chantait beaucoup, c’est auprès de ses parents, Hérodias et Éléontine, qu’elle a appris la plus grande partie de son répertoire.

Irène Berthiaume possédait un répertoire diversifié et étendu, représentatif des meilleurs chanteurs traditionnels. On y retrouve une abondance de chansons à répondre sur les thèmes les plus joyeux, des chansons de chantiers, des complaintes tragiques et épiques, des chansons de maumariés, quelques chansons de noces, des balades sur des amoureux éconduits, sur le rossignol messager des amours, sur les curés, d’ivrognes et à boire, à sujets religieux, énumératives et autres.

C’était une chanteuse remarquable. En plus de posséder un très large répertoire qu’elle connaît très bien, pour l’interpréter, elle a une voix claire et très juste, un rythme allant et sûr. Son interprétation est tout en finesse.

En plus d’avoir une excellente mémoire, on lui reconnaissait un talent de compositrice de chansons. Empruntant toutes sortes de timbres (airs) connus, elle écrivait des chansons sur des événements de la vie quotidienne, chansons qu’on retrouve sur trois microsillons.

par Donald Deschênes